Le Monde - Manifestation contre un projet d'extraction de sable en mer
Revue de presse
LE MONDE | 26.03.07 | 15h25 • Mis à jour le 26.03.07 | 15h25
AFP/GERARD GUILIASUne dizaine de milliers de personnes, dont Dominique Voynet, la candidate des Verts à l'élection présidentielle, ont manifesté, dimanche 25 mars, sur la plage d'Erdeven (Morbihan), contre le projet du cimentier Lafarge de draguer des millions de tonnes de sable au large du cordon dunaire de la presqu'île de Quiberon. Les protestataires redoutent une déstabilisation de la ligne de côte et craignent l'impact de l'extraction sur la vie marine.
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"La ressource alternative, c'est l'extraction en mer", souligne Jean-Marc Goldberg, président de Lafarge Granulats Ouest. Près des côtes, on trouve d'anciennes plaines alluviales, immergées depuis la remontée des eaux de la fin de la dernière époque glaciaire, qui recèlent des gisements de granulats, issus du travail de cours d'eau disparus.
C'est sur une de ces anciennes vallées située au sud de Lorient, entre l'île de Groix et la presqu'île de Quiberon, que le cimentier envisage d'extraire du sable destiné aux bétons de haute qualité. Un permis de recherche exclusif a été déposé, il y a deux ans, et prolongé jusqu'en mai 2009. Le groupe indique qu'il n'était pas obligé d'en passer par là pour déposer un permis d'exploitation. "Nous le faisons parce que c'est le meilleur moyen de préciser les impacts et aussi par souci de transparence, car nos études seront publiées", indique Jean-Marc Goldberg.
Cette zone de recherche se situe à 5,5 km du rivage et à 30 mètres de profondeur. Le projet porte sur l'extraction de 600 000 tonnes par an, pour une durée de vingt à trente ans et sur une zone de 4 km². La technique retenue : un prélèvement par bateau de 3 000 tonnes qui aspirera, sur le fond, une couche de 10 cm par an.
Mais Lafarge doit faire face à une grosse opposition, fédérée par le collectif Peuple des dunes, qui a vu le jour en janvier. Lors de la manifestation, les associations ont pris le soin de canaliser la foule, pour limiter le piétinement sur ce site fragile.
CONTRE-EXPERTISE
"Si on extrait du sable, c'est la dune qui va disparaître", craint le skipper de course au large Jimmy Pahun, porte-parole du collectif. "En extrayant du sable, on crée un vide. Est-ce que la nature ne va pas reprendre sur le trait de côte ce qu'on lui enlève ?", s'interroge Léon Nabat, le maire d'Erdeven. Là est le danger, assure le géographe Yves Le Bahy : "Les dunes actuelles n'ont pu se construire qu'à partir de stocks de sable profond."
La dune et la zone retenue constituent "deux systèmes sédimentaires indépendants", répond Lafarge, qui a fait analyser les grains de quartz provenant du gisement et ceux de la plage. "Leur histoire est complètement différente", affirme Jean-Marc Goldberg. David Menier, sédimentologue à l'université de Bretagne Sud, se montre réservé sur ces déplacements de sable : "J'ai du mal à y croire, S'il y avait translations, ça se verrait après les tempêtes", dit-il, tout en se demandant "pourquoi des fosses marines, comme celle de Kornog, à Groix, ne se sont-elles pas remplies ?".
L'étude sur l'impact biologique menée par Lafarge se poursuit. Les pêcheurs redoutent une destruction des nourriceries et frayères. Ce n'est qu'à la fin de la durée de son permis de recherche que le groupe décidera s'il dépose une demande de concession. Mais le maire d'Erdeven a d'ores et déjà annoncé son intention de demander une contre-expertise.




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Gael, dégoûté!