Wednesday, August 15, 2007

Le Télégramme : Un nouveau projet d’extraction de sable en baie d’Etel

Revue de presse

Le Télégramme du 13/08/2007

Un nouveau projet d’extraction de sable en baie d’Etel

Le collectif du Peuple des dunes, créé pour se battre contre le projet d’extraction de sable du groupe Lafarge en baie d’Etel, a de nouveau l’occasion de se mobiliser. Un projet situé en face de la plage de Linès, à Plouhinec, est en route, mené par la société Les Sablières de l’Atlantique.


L’association de protection et de sauvegarde du littoral de la presqu’île de Gâvres (APSLPG), initiatrice du collectif « Le Peuple des dunes » a tenu son assemblée générale. Une centaine d’adhérents ont écouté, mardi dernier, les divers bilans dressés par les membres du bureau ainsi que les actions en cours ou à venir.


André Berthou président APSPLSG - photo archive BC

Un nouveau projet d’extraction de sable

M. André Berthou a annoncé qu’un nouveau projet d’extraction est en route : la société Les Sablières de l’Atlantique (1) aurait des vues sur un gisement situé entre les gabarits de tirs en mer du Centre d’essais de lanceurs de missiles (Celm) de Plouhinec. Cette information sur un nouveau projet d’extraction en baie d’Etel fait suite à une réunion qui s’était déroulée dans l’après-midi entre des membres de l’association et M. Lunelli, responsable du Celm. Trois couloirs existent et l’un d’entre eux avait déjà été proposé à la société Lafarge. Selon M. André Berthou, président de l’association, le couloir destiné au projet des Sablières de l’Atlantique serait situé en face de la plage du Linés à Plouhinec, et la zone d’extraction se situerait à moins de deux milles des côtes.

12.000 manifestants à Erdeven

Après avoir déposé deux recours (non statués à ce jour) au tribunal administratif contre le projet de la société Lafarge d’extraction de sable en baie d’Etel,
l’association a été l’initiatrice en janvier 2007 du collectif « Le Peuple des dunes » formé actuellement d’une centaine d’associations. En mars, 12.000 personnes avaient manifesté sur la plage d’Erdeven contre le projet. La semaine dernière, un stand « Le Peuple des dunes » a pris place au village solidaire du Festival interceltique à Lorient. Près de 10.000 personnes ont déjà signé une pétition qui sera remise en septembre en préfecture à Vannes.

Un nouveau recours

La société Lafarge avait aussi déposé en mairie de Lanester un permis de construire d’un nouveau sablier au port du Rohu. La municipalité qui l’avait tout d’abord refusé, a été contrainte par le juge des référés de l’accepter : deux entreprises étant déjà présentes sur ce site, la société Lagarge avait argumenté un droit à la concurrence. Mais, selon les membres de l’association, l’une des deux est déjà une filiale du groupe Lafarge. Conscient que le projet d’extraction ne peut se faire sans zone de déchargement, le peuple des dunes a émis un nouveau recours au tribunal administratif. Trois contentieux sont donc en cours actuellement.

350 adhérents

En début de séance, André Berthou, président de l’APSLPG, a rappelé les actions menées par l’association depuis sa création. Fort de ses 350 adhérents en 2007, l’association intervient auprès des élus et des administrations en faveur de la protection du littoral. Elle est aussi soucieuse de promouvoir un développement durable de la zone côtière. Des nettoyages de plage sont organisés et une plaquette informative sur les différentes espèces végétales que l’on trouve sur la dune gâvraise a été réalisée.

(1) Les Sablières de l’Atlantique : société spécialisée dans la production de sables et de granulat.

Posted by Bruno at 13:20:38 | Permanent Link | Comments (0) |

Monday, March 26, 2007

André Berthou - Peuple des dunes discours d'Erdeven le 25 mars 2007


Prise de parole d'André BERTHOU,

Président de l'Association de Sauvegarde et de Protection du Littoral de la Presqu'ile de Gâvres

ERDEVEN
25 mars 2007


Je vous remercie d’être venus si nombreux soutenir le Peuple des Dunes contre l’extraction de sable et graviers siliceux marins, à 5 kms au large d’Etel, entre la presqu’île de Gâvres et la presqu’île de Quiberon.


Votre présence aujourd’hui, sur le site, montre bien votre indignation à l’égard de ce projet de recherche qui a été accordé, le 3 mai 2005, aux sociétés Lafarge et Italcimenti, détenteurs du PER Sud Lorient (permis exclusif de recherche)

Depuis toujours, les pêcheurs connaissent la « Baie d’Etel» comme lieu de pêche. Comme des milliers de confrères, j’ai passé de nombreuses années de ma vie sur cette mer que j’aime et que je respecte.

Aujourd’hui, il faut que le « Peuple des Dunes » sache que l’extraction de granulats prévue devrait se faire pile dans la zone de pêche exploitée depuis des siècles.

Je suis sur l’eau depuis 38 ans et j’ai tenu la barre d’un bateau de pêche pendant 31 ans, nuit et jour. Je peux vous dire que, du haut de la passerelle, avec mon équipage, j’ai affronté des mers difficiles et houleuses sur cette zone. C’est la raison pour laquelle on m’a élu président de l’association de sauvegarde et de protection du littoral de la presqu’île de Gâvres.

Oui, ce périmètre prévu pour l’extraction est un secteur de pêche important pour les professionnels. Ils sont environ une centaine de bateaux artisans à fréquenter régulièrement ce secteur de pêche. Ces professionnels pratiquent des métiers différents, tels que les filets, les casiers, la ligne, le chalut , auxquels il faut ajouter les sardiniers qui pêchent sur cette zone, pour ainsi dire, toute l’année, avec des périodes d’abondance de début juin à fin octobre.

Tout ce secteur est d’une richesse infinie aussi bien en poissons plats (soles, turbots, carrelets, baudroies) qu’en poissons ronds (merluchons, merlans, lieux, lançon, tacos, bars). Il y a également les poissons pélagiques, comme les sardines, les maquereaux, les anchois, les mulets et les sprats, sans oublier les crustacés, araignées, crabes, tourteaux et crevettes roses.

Une analyse du contenu d’un seau de sable prélevé dans un tas de sable d’extraction sur la quai de Great Yarmouth, en Angleterre, fait ainsi état de l’extermination de la vie marine. L’auteur, Pat Gowen, a trouvé : « 28 embryons de sole, carrelets, limandes et turbots ; 18 étoiles de mer ; 10 crevettes ; 18 crabes de plusieurs sortes, une langouste, plusieurs moules, coques et couteaux et diverses espèces de plantes marines ».

Cela veut dire qu’à court terme toute cette zone très riche sera sinistrée, d’où un manque à gagner pour les professionnels de la pêche.

Il faut savoir également que pendant 150 jours par an, il n’est pas possible d’aller en mer, sur cette zone ; qu’il faut par ailleurs composer avec les artilleurs du polygone de tir en mer de Gâvres, ce qui prouve que lorsque les cimentiers affirment qu’ils enverront un bateau chaque jour pour faire des prélèvements, ils n’ont aucune connaissance de la mer et des réalités locales. Et les grandes houles, dont Lafarge dit qu’elles ne dépassent pas 30 heures par an, sont beaucoup plus fréquentes et sont redoutables.

Ces mêmes professionnels de la pêche sont déjà confrontés à plusieurs facteurs négatifs, comme par exemple le carburant cher, les contrôles maritimes, les quotas etc.

Il est évident qu’une autorisation d’exploitation par les sociétés Lafarge et Italcimenti dans le secteur prévu pour l’extraction obligerait les pécheurs à se délocaliser vers d’autres pêcheries.

Secteurs, d’ailleurs, déjà occupés par un certain nombre d’autres marins. Ce qui de fait, diminuera la rentabilité de chaque bateau puisque les parts du gâteau deviendront automatiquement plus petites avec, en plus, le risque d’une cohabitation difficile pouvant amener des tensions entre marins.

Je pense également aux pécheurs professionnels à pieds qui travaillent sur les grèves ou les plages le long des dunes et qui ne pourront plus continuer à vivre de leur métier si le sable s’en va.

Cette baie d’Etel, cette petite tache, sur une carte, a su nourrir des milliers de familles. On y pêche encore ; on y pêchera toujours ; oui, mais à une seule condition : qu’on ne touche pas au fond !!

De savoir qu’en une seule extraction par jour, des milliers de m2 du fond de la mer seront détruits pour des dizaines d’années me révolte.

Une suceuse ne fait pas de détail !!! Tout y passe : sable, graviers, galets… mais aussi vers, petits crustacés, mollusques, œufs et laitances, c'est-à-dire TOUT ce qui sert de nourriture aux poissons… Sans compter le caractère trouble de l’eau remuée par les vases.


Bien, bien avant 30 ans d’exploitation, les pêcheurs auront alors déserté les lieux de pêches de nos ancêtres. Pour aller où ? Nulle part !! Pour mettre leur sac à terre…

Le pêcheur que je suis ne peut se plier aux exigences des cimentiers.

Nous ne saurons accepter ce projet fou ! Ni ici, ni ailleurs du reste.

A nous tous de protéger nos deux patrimoines : la beauté de la côte et notre pêche artisanale, pour nous et les générations futures.


Posted by Bruno at 10:06:05 | Permanent Link | Comments (2) |